La Médecine culinaire ne sépare pas l'enseignement de la recherche. Chaque atelier est aussi un terrain d'investigation : que produit le geste sur l'apprentissage, sur le pouvoir d'agir, sur la santé ?
Cinq axes structurent notre programme — du geste pédagogique à la santé des populations, du corps sensoriel à l'épidémiologie nutritionnelle.
« C'est par et dans le comportement que le changement s'opère. » — François Roustang
Axe 1Évaluation pédagogique de la Médecine culinaire
Mesurer ce que le geste transforme
Quand la population étudiante en médecine apprend les gestes, partage un repas, ses récits, ses vulnérabilités — et rencontre l'autre dans son altérité — avant de devenir médecins, qu'est-ce qui change dans leur pratique clinique, leurs habitudes personnelles, leur manière de dialoguer avec les patients ? La pédagogie capacitante laisse-t-elle des traces mesurables, et lesquelles ?
Axe 2Capabilité alimentaire
Mesurer la liberté réelle d'agir
Connaître les recommandations nutritionnelles ne suffit pas à les mettre en pratique. La capabilité alimentaire — concept fondateur de la Médecine culinaire, adapté d'Amartya Sen au champ alimentaire — désigne la liberté réelle de comprendre, choisir et agir avec et par l'alimentation. Comment l'observer, comment la mesurer ?
Axe 3Médecine culinaire pour la santé des populations
Restaurer le pouvoir d'agir et en mesurer les bienfaits
Dans certains contextes, ce ne sont ni les connaissances ni la motivation qui manquent — mais les conditions matérielles, culturelles et sociales qui rendent l'agir possible. La Médecine culinaire s'adresse alors à ces populations : co-construire avec elles des programmes ancrés dans leurs récits, leur culture, leurs racines — et en mesurer les bienfaits sur l'agir alimentaire et la santé.
Axe 4Flaveur, sensorialité et apprentissage incarné
Du questionnaire au test physiologique
La flaveur — ce que nous percevons quand un aliment passe en bouche — relie l'olfaction, le goût, le toucher buccal et la déglutition. Aujourd'hui, ces dimensions sont étudiées par des disciplines qui ne se parlent pas : ORL, médecine, nutrition, psychologie, philosophie, science culinaire. La Médecine culinaire propose un chantier méthodologique unifié pour les relier.
Axe 5Épidémiologie nutritionnelle
Produire des données probantes par la rigueur épidémiologique
Trente ans de travaux avec des cohortes, d'essais cliniques et de méta-analyses ont permis de comprendre comment l'alimentation façonne la santé des populations. Cette assise scientifique — héritée de Harvard et déployée à l'Université Laval — ancre scientifiquement les hypothèses cliniques de la Médecine culinaire.